Reproduire la fusion nucléaire du soleil
Depuis des milliards d'années, le soleil tire son énergie de la fusion d'atomes d'hydrogène et d'hélium. Et depuis près de 60 ans, l'homme cherche à maîtriser ces réactions de fusion nucléaire pour assurer le futur approvisionnement énergétique de notre planète.
Fission et fusion nucléaire
L'énergie nucléaire a 2 variantes:
- la fission nucléaire: un noyau lourd se casse en 2 noyaux légers;
- la fusion nucléaire: 2 noyaux légers forment un noyau lourd.
Dans les 2 cas, ces réactions nucléaires entre des noyaux atomiques libèrent de l’énergie. Nos réacteurs actuels utilisent la fission nucléaire. La fusion est une technique pour le futur, encore en développement.
Les avantages de la fusion nucléaire
Les scientifiques voient dans la fusion nucléaire un énorme potentiel pour le futur approvisionnement énergétique de la planète. Une réaction de fusion libère une énergie environ 4 millions de fois supérieure à celle d'une réaction chimique, comme la combustion de gaz naturel ou de pétrole brut. Une centrale de fusion n'a donc besoin que d'une quantité minime de combustible. Et les combustibles envisagés (le deutérium et le tritium) sont très abondants. Le deutérium est présent notamment dans l'eau de mer. Le tritium est produit dans le réacteur de fusion à partir du lithium, présent partout dans l'écorce terrestre. Ils garantissent donc une production d'énergie pour des millions d'années.
Une réaction de fusion libère une énergie 4 millions de fois supérieure à celle d'une réaction chimique.
La fusion nucléaire présente aussi des avantages pour l'environnement. Tout comme la fission, elle n'émet aucun gaz à effet de serre. Et le seul produit résiduel de la fusion est l'hélium, un gaz inoffensif. Les déchets radioactifs produits seront différents de ceux que nous connaissons actuellement. Leur durée de vie dépendra du choix des matières utilisées, mais sera beaucoup plus courte. En d'autres termes, les volumes de déchets radioactifs seront réduits à un minimum et exigeront une surveillance limitée à quelques dizaines d'années.
Le projet ITER
Un réacteur de fusion expérimental est actuellement en construction en France, à Cadarache. Ce projet doit apporter la preuve, d’ici 30 à 35 ans, qu’il est techniquement faisable de produire à grande échelle de l'énergie issue de la fusion. Ce projet est baptisé ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor).
Le projet ITER est estimé à 16 milliards d'euros sur 30 ans. Il est supporté conjointement par 7 partenaires: l'Union européenne, les États-Unis, la Russie, la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud.
La moitié de ces investissements profitera aux entreprises européennes. En Belgique, une cellule de coordination - ITER Belgium - informe les entreprises belges sur la réalisation du projet et les encourage à y participer.
Image: www.iter.org