Les ressources de combustibles fossiles s’épuisent progressivement et restent localisées dans des pays parfois géopolitiquement instables. Il n’y a donc aucun doute, il faut économiser ces ressources. Il faut restreindre la consommation d’énergie. Il faut également exploiter les sources renouvelables. Enfin, il ne faut pas négliger que les réserves d’uranium sont importantes et géopolitiquement bien distribuées. C’est une des raisons qui plaident en faveur de la contribution du nucléaire au mix énergétique afin de continuer à satisfaire nos besoins en électricité.
Il faut recourir à des énergies primaires
Pour produire de l’électricité, il faut recourir à des énergies primaires:
- la force de l’eau, du vent, du soleil, de la biomasse (renouvelable);
- des combustibles fossiles (gaz naturel, charbon, pétrole);
- le combustible nucléaire (uranium).
En matière d’approvisionnement comme en d’autres matières, chacune de ces énergies primaires présente des avantages et des inconvénients. Ainsi, si la source renouvelable est inépuisable, elle ne l’est pas nécessairement partout, ni tout le temps. La problématique des combustibles fossiles est connue: sans parler de la dimension climatique, ils sont en voie d’épuisement, et localisés dans des régions géopolitiques peu stables (Russie, Moyen-Orient, etc). L’uranium est quasiment absent en Europe, mais il est néanmoins disponible dans des régions plus sûres (dont le Canada et l’Australie). Ses réserves connues permettent de couvrir la consommation sur des périodes plus longues que les combustibles fossiles.
La Belgique est très nucléaire
En Belgique, actuellement, 55% de l’électricité nationale est produite par les centrales nucléaires. Le pays est de plus en plus exposé à un déficit de capacité. Environ 10% de notre électricité consommée est importée, notamment de France (où la production nucléaire est très nettement dominante). La Commission de Régulation de l'Electricité et du Gaz (CREG) estime que le besoin en nouveaux moyens de production avoisinerait, pour l’échéance 2015, 5520 MW. C’est l’équivalent de 2200 éoliennes tournant en continu (ce qui est impossible, le vent étant intermittent).
La loi belge impose une fermeture progressive des centrales nucléaires
Dans ce contexte de pénurie de moyens de production, la Belgique a adopté, en 2003, une loi imposant la fermeture des centrales nucléaires 40 ans après leur mise en exploitation industrielle. Autrement dit, la fermeture des sept unités belges s’échelonnera entre 2015 et 2025 et la Belgique se privera de 5900 MW de puissance.
La loi de 2003 peut être révisée « en cas de force majeure », par exemple de menace pour la sécurité d’approvisionnement. Techniquement, rien ne s’oppose à une exploitation de plus de quarante ans. L’exemple des États-Unis est éloquent: cinquante centrales y ont déjà obtenu des prolongations de licences. En Belgique, les exploitants de Tihange et Doel ont toujours affirmé avoir poursuivi les investissements dans leurs unités et les disent donc prêtes à aller au delà de la limite des 40 ans.
Faire marche arrière sur le nucléaire?
Ces dernières années, plusieurs études, tenant compte des objectifs que l’Europe se fixe en matière de réduction des émissions de CO2, ont prospecté l’avenir énergétique de la Belgique. Tant la Commission pour l’Analyse des Modes de Production de l’Électricité et le Redéploiement de l’Énergie (AMPERE) que la Commission Énergie 2030 ont mis en avant la difficulté – voire l’impossibilité – à réaliser en même temps la sortie du nucléaire et les objectifs de réduction des émissions de CO2.
Articles sur Approvisionnement
La Belgique fait partie des pionniers dans le développement de l'énergie nucléaire. Elle est entrée par hasard dans l'histoire atomique via les mines du Congo. Ensuite, elle a participé à l'essor extraordinaire qu'a connu l'atome dans les années 50 et 60. La plupart des premières expériences nucléaires belges ont été réalisées au sein du Centre d'Études de l'Énergie Nucléaire (SCK•CEN).
Ces dernières années, la multiplication des défis économiques, climatiques, géostratégiques, etc. a entraîné la réalisation de nombreuses études sur l'avenir énergétique de notre pays. Nos dirigeants ont eu recours à des expertises belges et internationales pour esquisser les contours de notre avenir énergétique.
L'Europe en général - et la Belgique en particulier - sont très dépendantes des importations de combustibles (pétrole, gaz, charbon) nécessaires à la transformation énergétique.
Comme les centrales électriques au gaz, au pétrole ou au charbon, les centrales nucléaires consomment des ressources qui ne sont pas inépuisables. L'énergie nucléaire dispose cependant d'un potentiel sans cesse démultiplié par les avancées technologiques. Des réserves actuellement suffisantes pour plus de 80 ans de consommation au rythme actuel permettront d'assurer des centaines d'années d'approvisionnement. L'énergie nucléaire est donc une énergie capable de répondre à la demande mondiale pour de nombreuses années.
La Belgique a décidé de fermer progressivement ses centrales nucléaires entre 2015 et 2025. Or, le nucléaire représente à l'heure actuelle environ 55% de la production totale d'électricité du pays. Les solutions alternatives économiquement viables et écologiquement acceptables tardent à être mises en place.
Il ne suffit pas d'avoir des moyens de production (centrales classiques, éoliennes...) en suffisance, encore faut-il en assurer le fonctionnement. La Belgique ne dispose pas de combustibles naturels et dépend donc des importations.
En Belgique, les capacités de production d'électricité sont devenues insuffisantes. Ce déficit risque de s'accroître avec la fermeture programmée des centrales nucléaires (phase-out) qui assurent aujourd'hui environ 55% de la production. Face à cette situation, plusieurs réponses sont possibles: diminuer la consommation, privilégier l'utilisation rationnelle de l'énergie (URE), créer de nouvelles capacités de production...




















