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De nombreux investissements a travers l'Europe


Couvrant actuellement 30 % de la consommation électrique, le nucléaire occupe une place importante dans le paysage énergétique européen. De plus en plus de pays décident de préserver ou de conforter cette position. Une dizaine de décisions fermes d'investissement dans de nouvelles unités (dont quelques chantiers en cours) et une vingtaine de projets avancés ne laissent aucun doute : l'Europe est entrée dans une période de "New Build" nucléaire.

Malgré le coup d'arrêt aux investissements durant les années 1990 et au début du XXIe siècle, le nucléaire a conservé une position relative très importante dans la production d'électricité en Europe. Ainsi, aujourd'hui, plus de 150 réacteurs (Suisse comprise) cumulent une capacité nette de production de 134 000 MW (soit près de sept fois la capacité de production électrique belge, tous types de centrales confondus). Ensemble, elles couvrent bon an mal an 30 % de la consommation électrique du Continent. En Europe et en Belgique en particulier, comme partout dans le monde en général , la meilleure disponibilité et des améliorations technologiques ont permis au nucléaire de préserver sa part relative dans une production d'électricité en hausse continue.

Aujourd'hui, l'Europe est parmi les plus volontaristes dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. En mars 2009, la Présidence du Conseil européen avait diffusé ce texte : « Le Conseil européen rappelle également qu'il est nécessaire d'utiliser au mieux les ressources énergétiques internes, notamment les sources d'énergie renouvelables, les combustibles fossiles et, dans les pays qui en font le choix, l'énergie nucléaire ». La sentence reflète une double réalité. La première est que les Etats membres sont seuls compétents. La seconde, généralement partagée, est que beaucoup d'observateurs ne voient pas comment l'Europe pourrait atteindre ses très ambitieux objectifs, notamment en matière de C02, sans mettre le nucléaire à contribution.

A la fin du mois de janvier 2009, l'annonce par la Présidence de la République française de la construction d'un European Pressurised Water Reactor (EPR) à Penly a porté à neuf le nombre de nouveaux réacteurs dont la construction a été fermement décidée dans plusieurs pays européens : Flamanville et Penly (France), Olkiluoto (Finlande), deux unités à Belene (Bulgarie), 2 unités à Mochovce et Bohunice (Slovaquie) et 2 unités à Cernadova (Roumanie).

La construction de l'EPR d'Olkiluoto en Finlande (1650 MW) avait été approuvée dès 2002 et elle se poursuit actuellement. Les travaux prennent cependant un retard considérable, principalement du au fait qu'il s'agit du premier réacteur EPR au monde à être construit.

La construction de l'EPR de Flamanville en France (1650 MW) a commencé en décembre 2007.

Plusieurs pays prévoient des projets:

  • En Finlande, des procédures sont en cours pour l'autorisation de trois centrales en plus de celle dont la construction a commencé.
  • La Slovaquie a le projet d'une centrale supplémentaire.
  • Le programme britannique de redéploiement nucléaire est bel et bien un des plus ambitieux d'Europe, puisqu'il concerne une dizaine d'unités de 1600 MW, avec un coup d'envoi des constructions en 2013.
  • Au début de l'année 2007, le Gouvernement suisse, dans sa nouvelle politique énergétique, a annoncé que les cinq unités nucléaires du pays devraient être remplacées par de nouvelles.
  • En février 2006, les trois Etats baltes (Lituanie, Estonie, Lettonie) et la Pologne ont signé un agrément pour la construction d'une nouvelle centrale (3200 MW) à Ignalina pour une mise en réseau en 2015.
  • Les Pays-Bas envisagent la construction d'une deuxième centrale sur le site existant de Borssele (à la frontière belge).

La Suisse a renoncé à son moratoire sur l'énergie nucléaire après un referendum en 2003. En Suède, le gouvernement a annoncé en février 2009 qu'il voulait annuler la loi sur l'interdiction de construire des nouvelles centrales. La Suède était déjà revenue auparavant sur la fermeture prévue des centrales existantes (décidée après un referendum en 1980). Enfin, en juillet 2009, le Parlement italien a abrogé la loi mettant un embargo sur l'énergie nucléaire.

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Publié: 30-10-2009 | Mise à jour: 02-11-2009