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Longue vie en Europe aussi


Il n'y a pas qu'aux Etats-Unis que la durée d'exploitation des centrales est prolongée. Cette tendance concerne l'Europe aussi. La Belgique a récemment décidé de prolonger de dix ans ses trois plus anciens réacteurs. Les Pays-Bas, l'Espagne, la Hongrie et la Suisse ont également pris des décisions similaires.

Le 31 janvier 2003 la loi sur la sortie progressive du nucléaire pour la production industrielle d'électricité était votée. Quarante ans après leur mise en service industrielle les centrales devaient être définitivement fermées. Les trois plus anciens réacteurs (Doel 1 et 2 et Tihange 1, démarrés en 1975) devaient être arrêtés en 2015. En octobre 2009, le Gouvernement belge a cependant statué autrement sur le sort de ces trois réacteurs. Avec les conclusions du rapport du Gemix en tête (menace d'un déficit de production en cas de fermeture en 2015) le gouvernement a proposé une prolongation de dix ans de la durée d'exploitation des réacteurs. En échange, les exploitants nucléaires vont consentir une série d'efforts financiers, qui doivent notamment constituer un levier pour le développement des énergies renouvelables.

La centrale de Borssele (province de Zeeland) disposait initialement d'une autorisation d'exploitation jusqu'en 2013. Dans le cadre d'un programme de transition vers une énergie moins productrice de carbone et en attendant un éventuel investissement dans une nouvelle centrale nucléaire, un accord a été passé entre les exploitants et l'Etat néerlandais. Borssele pourra être exploitée jusqu'en 2033 à condition de satisfaire aux exigences des instances de sûreté.

Trois conditions devront être remplies :

  • une contribution de 250millions d'euros à une production d'énergie plus durable (un fonds d'investissement a été créé à cette fin);
  • la centrale de Borssele doit rester dans le classement «top 25 safest nuclear reactors in the EU, the US and Canada» ;
  • le démantèlement le plus rapide doit être garanti après 2033.

Le 3 juillet 2009, le gouvernement espagnol a annoncé qu'il allongeait de quatre ans la durée de vie de la centrale de Garona, au nord du pays.

Cette décision s'écarte cependant de la recommandation du Conseil de sûreté nucléaire espagnol. Celui-ci avait marqué son accord pour un allongement de la durée de vie de dix ans, jusqu'en 2019, comme l'avait demandé l'exploitant.

Les quatre réacteurs du site de Paks fournissent 37 % de l'électricité du pays.

En septembre 2005, le Parlement a décidé une prolongation de vingt ans de la durée d'exploitation. Si cela n'avait pas été le cas, les unités auraient été fermées respectivement en 2012, 2014, 2015 et 2017 après 30 ans de production d'électricité.

En matière de licences d'exploitation, la Suisse est un cas particulier. La durée d'exploitation de la plupart des centrales n'est pas limitée dans le temps. Dans le principe, la Suisse estime que les exploitants peuvent poursuivre l'exploitation aussi longtemps qu'ils le souhaitent. Dans tous les cas, la sûreté est un préalable. Si elle n'est plus assurée, il relève des autorités contrôlantes fédérales de contrôle de faire arrêter l'exploitation.

Une seule centrale, Beznau II, avait une durée d'exploitation limitée. Elle a été prolongée. Dans ses motivations, le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication constate notamment : « Une autorisation d'exploiter illimitée accroît la motivation de l'exploitant à investir dans des mesures de modernisation à long terme. Il est également plus simple de trouver du personnel qualifié. La société exploitante peut ainsi planifier les investissements pour l'installation à long terme, ce qui est dans l'intérêt d'un niveau de sécurité élevé ».


Publié: 30-10-2009 | Mise à jour: 02-11-2009