Les coûts de chaque type d’énergie électrique sont très spécifiques. Ainsi, dans les centrales à combustible fossile, le coût du combustible pèse lourdement sur le prix de revient. Pour les sources d’énergie renouvelables, les investissements sont considérables car il faut tenir compte des indisponibilités occasionnelles et donc prendre en considération l’installation de moyens de production de réserve. Pour sa part, le coût de l’uranium influe peu sur le prix de l’électricité nucléaire. Par contre, les investissements sont lourds et il faut gérer les déchets sur le long terme. Ceci rend le nucléaire plus particulièrement compétitif pour une production de base, d'autant plus que le coût de la composante carbone est prise en compte.
Le coût de l’uranium est volatile sur les marchés « spot »
Ces dernières années, le prix de l’uranium sur les marchés « spot » (marchés libres) a connu d’importantes variations. Elles résultaient essentiellement d'événements conjoncturels et de mouvements spéculatifs. Cette volatilité a peu touché la Belgique. En effet, Synatom, qui a en charge l’approvisionnement en uranium, adopte une stratégie conservative et recourt à des contrats stables de long terme, tout en constituant des stocks suffisants (de l’ordre de deux ans).
Le coût de l’uranium a un impact faible sur le prix du kWh
Ceci est une des explications au fait que cette volatilité a eu peu d'impact sur le coût du kWh nucléaire belge. Mais ce n’est pas la seule. Par rapport à d’autres combustibles, le nucléaire a une particularité: la part du coût de l’uranium dans les coûts totaux de production est peu élevée: 5%. Donc, même des variations importantes du prix du combustible influencent peu le prix global. C’est le contraire pour les centrales classiques: le coût des combustibles fossiles compte pour 60% dans les coûts totaux de production.
Le cycle total du combustible représente 20% des coûts
Si le coût de l’approvisionnement en uranium proprement dit ne représente que 5% des coûts totaux, l’ensemble de la gestion du cycle du combustible pèse pour 20% dans le prix de revient de l’électricité nucléaire. Il faut effectivement intégrer les coûts de gestion du combustible avant (fabrication) et après son utilisation (éventuel recyclage, gestion des déchets). Cette partie des coûts n’est cependant pas soumise aux variations qui peuvent être celles des matières premières.
Des coûts prévisibles sur le moyen et le long terme
Cette prévisibilité et cette stabilité des coûts sur le moyen et le long terme font du nucléaire un moyen idéal de production de l’électricité en continu et en base. Ce type d'exploitation est technologiquement approprié: la production des centrales nucléaires n’est pas modulable aussi facilement que celle des centrales au gaz naturel, par exemple. Ces dernières sont plus adaptées pour répondre aux crêtes de consommation.
Cette stabilité économique de la filière nucléaire est encore renforcée dans un contexte de réchauffement climatique: dans les années à venir, elle sera moins touchée que d’autres par les mesures et pénalités concurrentielles liées aux émissions de gaz à effet de serre. Economiquement, les centrales nucléaires ont donc leur place dans un mix énergétique équilibré, car elles peuvent assurer une production de base à des coûts prévisibles et stables.
De l’argent est provisionné pour le futur
La filière nucléaire présente de plus une particularité remarquable. Ses coûts futurs (combustible, démantèlement, assainissement, gestion des déchets) font l’objet de provisions. Autrement dit, sous le contrôle de l’État, pour chaque kWh, un peu d’argent est prélevé et mis de côté pour le futur.
Articles sur Prix
Comme celui des autres filières (gaz, charbon, etc.), le coût du kWh nucléaire résulte essentiellement de 3 composantes: les investissements et leur amortissement, les charges d'exploitation et d'entretien et les coûts de combustible.
Les centrales nucléaires belges actuellement opérationnelles arriveront un jour au terme de leur vie. Il faudra les démanteler. Ce démantèlement requiert la mise en œuvre de techniques spéciales et constitue un coût important à anticiper. Il faudra aussi continuer à gérer les combustibles usés. Depuis maintenant plus de vingt ans, des fonds sont mis de côté dans cette optique.
De tous les modes de production d'électricité, le nucléaire est l'un des plus compétitifs. L'énergie nucléaire occupe même la première place pour la production permanente (« en base ») d'électricité.
Le combustible utilisé pour le fonctionnement des réacteurs des centrales nucléaires est l'uranium (parfois associé au plutonium). Son coût représente une partie très faible du coût global de production d'électricité. Cela signifie que les variations éventuelles du prix de l'uranium affectent très peu le coût de l'énergie produite dans les centrales nucléaires.
Le prix du kWh nucléaire n'est pas le seul élément qui influence le prix de l'électricité. Autres composantes de ce calcul: la disponibilité et le coût des différents moyens de production, ainsi que la capacité d'interconnexion des réseaux.


















