Le secteur nucléaire dépend de la sécurité de ses installations. Pour garantir cette sécurité, le comportement des personnes qui y travaillent revêt une importance capitale. Au cours des dernières années, l’opinion sur la sécurité nucléaire à travers le monde a connu une évolution radicale. Dans les années 60 et 70, la sécurité se limitait à satisfaire aux règles techniques et administratives. Cette approche restreinte s’est ensuite transformée en une culture de sûreté plus large, qui ne cesse de se renforcer.
Le facteur humain
Les fautes organisationnelles et humaines sont la cause principale des accidents. Le secteur nucléaire n'échappe pas à la règle. L’accident de Tchernobyl a été provoqué par une succession de fautes humaines, en raison de l’absence de culture de sûreté dans l’ancien système soviétique. Combiné à une technologie de réacteur instable et une absence d’enceinte de sûreté autour du réacteur (en Belgique, cette enceinte est même double), cela a mené aux conséquences que l’on sait. Pour une culture de sûreté efficace, il ne suffit pas d’appliquer les règles à la lettre: la sûreté doit être une priorité de tous les instants. Cela vaut tant pour les collaborateurs que pour les partenaires externes. La formation y contribue. En Belgique, le Centre d’études de l’énergie nucléaire de Mol joue un rôle important à cet égard.
Évolution de la technologie
La technologie progresse elle aussi: les réacteurs des nouvelles générations intègrent davantage une « sûreté passive ». En d’autres termes, les interventions humaines sont limitées au strict minimum. La sûreté est automatiquement assurée sur la base de principes de physique fondamentaux. Exemple: les barres de commande qui doivent stopper la réaction nucléaire tombent simplement dans le réacteur sous l’influence de la gravité. Les centrales nucléaires de Doel et Tihange disposent de tels systèmes. Elles font en outre figure de pionnières en matière de sûreté externe: une double enceinte de confinement entoure le réacteur. Elles constituent même un modèle pour les réacteurs de troisième génération.
Amélioration constante
Aussi bonne soit la conception, elle peut toujours être améliorée. Dans cette optique, le gouvernement belge fut le premier à imposer aux exploitants nucléaires une révision de sûreté décennale. Une obligation ensuite adoptée par de nombreux pays. Cette révision permet d’adapter régulièrement le niveau de sûreté aux normes les plus récentes.
Collaboration internationale
Les organisations nucléaires internationales encouragent également l’amélioration permanente. Sur demande des états membres, l’Agence internationale de l’énergie atomique peut effectuer une mission OSART (Operational Safety Review Team). Cette mission compare la sûreté de la centrale étudiée avec les meilleures références mondiales. Elle suggère, le cas échéant, des recommandations, dont la mise en oeuvre effective est ensuite contrôlée. Le niveau de sûreté de la centrale de Tihange a été jugé positif à l’issue d'un tel audit.
Des contrôles poussés en Belgique
En Belgique, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire vérifie les installations nucléaires. Elle veille à ce que la population et l’environnement soient protégés efficacement contre le danger des radiations. Les travailleurs des installations nucléaires peuvent compter sur un service interne de contrôle et de prévention. Ce service veille à ce que les règlements en vigueur soient appliqués, à ce que les mesures nécessaires soient prises pour protéger les travailleurs et à ce que la prévention fasse l’objet de l’attention et de la coordination exigées.
L’échelle des incidents et accidents nucléaires
En cas d’incident ou d’accident dans une installation nucléaire, il est essentiel que la population en comprenne la gravité. C’est pourquoi il existe l’échelle INES, une sorte d’échelle de Richter, pour les événements nucléaires. Elle compte sept niveaux. En 2008, la Belgique a connu un incident de niveau 3. Il s’agit d’un incident grave, mais sans conséquences persistantes pour l’environnement.
Des plans d’urgence efficaces
Toutes les installations nucléaires de Belgique ont un plan d’urgence interne et externe. Un principe prévaut en général en matière de risque: se préparer à l’accident contribue à empêcher qu’il ne survienne. Les barrières de sécurité et le gardiennage renforcés des installations nucléaires constituent également une forme de prévention. Cette fois, contre l’intrusion et l’agression. La conception même de l’installation joue également un rôle: les bâtiments des réacteurs des centrales sont conçus pour pouvoir résister à l’impact d’un avion.
Le vendredi 7 août 2009 est paru en supplément de quelques grands quotidiens nationaux un dossier du Forum nucléaire consacré à la sûreté nucléaire.
Articles sur Sûreté
La conception même des centrales nucléaires intègre la préoccupation de sûreté. L'objectif ultime pour les nouvelles générations de réacteurs est une sûreté ‘naturelle'. Autrement dit, si quelque chose ‘se passe mal', le réacteur se met à l'arrêt seul et en toute sûreté.
La sûreté des installations nucléaires fait l'objet d'un suivi des incidents. Ceux-ci sont évalués et communiqués via l'échelle INES (International Nuclear Event Scale).
Tel qu'il est employé dans une centrale nucléaire, l'uranium n'est pas utilisable directement pour fabriquer une bombe atomique. Un contrôle international très sévère s'opère pour éviter la prolifération.
La sûreté des centrales nucléaires est prise en compte dès leur conception et leur construction. Elle repose également sur une culture d'entreprise affirmée et des attitudes spécifiques durant l'exploitation.
L'accident survenu à Tchernobyl, une centrale nucléaire de conception russe, résultait d'une accumulation de fautes humaines. Les centrales de conception occidentale fonctionnant différemment et la culture de sûreté y étant une réalité, un accident de cette ampleur est inconcevable chez nous.
Les personnes travaillant dans les installations nucléaires portent toujours sur elles un dosimètre et font l'objet d'un strict suivi médical. Le moyen de s'assurer qu'elles ne courront jamais de danger lié à la spécificité nucléaire de leur travail.
En matière de sûreté, un principe prévaut: se préparer à l'accident, c'est déjà travailler à empêcher qu'il ne survienne. En Belgique, tous les sites nucléaires ont élaboré des plans d'urgence interne et externe.
Les installations nucléaires figurent parmi les installations civiles les mieux protégées contre l’intrusion et les agressions, y compris terroristes.
Normal: vu sa spécificité, le secteur nucléaire fait l’objet d’un contrôle renforcé. En Belgique, les exploitants des installations nucléaires considèrent qu’il s’agit d’une opportunité de progresser dans leur culture de sûreté.



















